Texte Libre

 Voici le blog de la troupe 41 Ste Jeanne d'Arc, ce blog permet d'avoir enfin un endroit où voir les photos de la troupe et afficher quelques infos.N'hésitez pas à participer à son élaboration en m'envoyant vos photos et autres informations(blog41@gmail.com).

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Paul,2nd du grizzli

 

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Jeudi 2 juin 2005
L'histoire d'Eric et Christian contée par Serge Dalens a été pour beaucoup dans le succès des célèbres "Signes de Piste". Cette histoire, celle de l'extraordinaire amitié entre deux jeunes scouts, a été suffisamment riche pour occuper plus de 6 livres. Les quatre premiers volumes (Le bracelet de vermeil, Le Prince Eric, La tache de vin, La mort d'Eric) sont parus aux alentours de la 2e Guerre Mondiale, d'où l'influence très importante des événements de cette époque dans le récit. Les deux derniers volumes de la saga sont plus récents : Eric le Magnifique est ainsi paru en 1984, et Ainsi régna le Prince Eric en 1992.

Tous ces ouvrages sont illustrés par Pierre Joubert, le troisième élément de la "triade" Dalens-Foncine-Joubert qui a fondé la collection "Signes de Pistes". Mais les dessins ne sont pas toujours les mêmes d'une collection à l'autre : Pierre Joubert a ainsi recréé certaines illustrations, sans doute pour mieux profiter de l'évolution des techniques d'impression.

Si elle compte six volumes, la saga du Prince Eric a aussi inspiré d'autres auteurs : Jean-Claude Alain, auteur de la série "Mikhaïl" aux "Signes de Piste", a ainsi associé son héros dans Eric et Mikhaïl, dont l'action se déroule quelques temps après les événements contés dans La tâche de vin. Serge Dalens a lui-même repris l'histoire de ses héros dans d'autres récits (Les fils de Christian - écrit avec Jean-Louis Foncine - L'affaire Balzac, 2 et 2 font cinq...) On a également pu retrouver les trois premiers volumes en BD dans la revue Coeurs Vaillants, sous le crayon d'Alain d'Orange.

L'histoire, la petite et la grande...

Pour ceux qui ignorent tout de la saga du Prince Eric, il faut savoir qu'elle se déroule entre 1936 et 1940, dans un contexte historique très précis donc. Si vous le connaissez, vous comprendrez mieux le récit, dans le cas contraire, c'est un excellent moyen de rentrer dans l'Histoire, par la petite porte...

Illustrations : couvertures des premières éditions de chaque volume - (c) Editions "Signes de Pistes"

Le bracelet de vermeil (1937)

Premier volume de la série du Prince Eric, le bracelet de vermeil a connu un extraordinaire succès, consacré par un tirage de plus d'un million d'exemplaires !
Rencontre prédestinée que celle d'Eric Jansen et de Christian d'Ancourt ! Un camp scout en Alsace qui se déroule bien autrement que prévu, des mystères qui s'accumulent, un drame soudain. Rien ne semblait destiner le jeune Prince des Neiges et le fils du chirurgien parisien à se rencontrer. Rien, si ce n'est ce bracelet qu'Eric porte au poignet, signe d'un terrible secret, vieux de cinq siècles, et rappel d'une mission dramatique.

Le Prince Eric (1939)

Cet épisode met en scène de nouveaux personnages et rapporte le sacrifice d'Yngve. Triomphe du courage de l'amitié... "Malheur à la ville dont le Prince est un enfant" dit la Bible. Et le Prince de Swedenborg n'a pas quinze ans... Seul ou presque, entouré d'ambitieux, de traîtres, d'espions et de lâches, Eric conservera-t-il la couronne que veut lui ravir Tadek, son Premier Ministre ? Jef le page préféré, Christian l'ami français, Yngve l'enfant mystérieux et les autres garçons qu'Eric connut au temps du Bracelet de vermeil parviendront-ils à l'arracher du piège ?

La tache de vin (1946)

Ce volume pose de douloureux problèmes. Faut-il préférer l'indulgence à la stricte justice ? Eric avait choisi le pardon. Le comte Tadek se charge de l'en faire se repentir, car il n'hésite pas à supprimer ceux qui contrarient ses projets. De justesse, Eric échappe à un premier attentat. Echappera-t-il au second ? Car cette fois, Tadek a tout prévu. Tout, sauf le courage de Jef et celui de Jean-Luc, l'ami secret d'Eric. Jean-Luc pour qui chaque jour serait une nouvelle épreuve, s'il n'y avait pas Marie-Françoise et Rémy.

Ce troisième volume tisse en une même toile les fils de plusieurs destins : celui de Rémy, le mal-aimé, celui de Jean-Luc, l'enfant au trop lourd secret, celui d'Eric enfin, dont la vie n'est faire que de luttes et de combats.

La mort d'Eric (1943)

Ce récit qui, à l'origine, était le troisième volume et couronnait l'ensemble, est moins une fin qu'un commencement. Si Eric meurt à la guerre le matin de ses dix-huit ans, l'Histoire poursuit son cours, car elle s'écrit moins avec le sang des morts qu'avec la résolution des vivants. Eric est mort, mais Christian vit. Et avec lui, presque tous ceux qui apparurent au cours de cette histoire, souvent drôle, parfois dramatique, mais toujours généreuse.

Eric le magnifique (1984)

Que faisait-il, cet Eric, avant d'apparaître dans le bracelet de vermeil, sans que l'on sût très bien d'où il venait et qui il était ? Comment gouverna-t-il après avoir retrouvé sa couronne et son trône ? Et surtout, que fit-il après avoir lu la lettre qu'Yngve lui avait écrit avant de mourir, et que lui avait remis Ralfsen ? Cette lettre dont nous découvrons enfin le secret et qui nous apprend l'existence de Sylvio, le seul ami qu'ait jamais connu Yngve, et avec qui il a souffert et lutté...

Ainsi régna le Prince Eric (1992)

"Lorsqu'on m'a demandé de vous conter "les dernières aventures du Prince Eric ", j'ai répondu que tout était dit, et que je ne voyais pas ce qui pouvait être ajouté aux cinq titres déjà parus. Cette fin de non-recevoir étant, paraît-il peu satisfaisante, on m'a expliqué que bien des problèmes étaient encore posés, bien des questions demeurées sans réponse, et que je ne saurais me contenter d'un à-peu-près. Qui était Tadek ? Qui étaient les parents d'Yngve ? Pourquoi l'avaient-ils pratiquement abandonné ? Et surtout, quel était le véritable motif des attentats perpétrés, d'abord contre l'oncle d'Eric, puis contre Eric lui-même ?

Il est vrai que l'Allemagne nazie voulait à tout prix s'emparer des bases navales de la Principauté ; que ce petit pays s'est défendu de son mieux contre les ambitions démesurées de l'incendiaire qui mettait l'Europe à feu et à sang... C'est en partie sous cet angle que se déroulera le récit qui va suivre. On passera vite sur des événements relatés en détails dans les ouvrages précédents, mais de nouveaux personnages apparaîtront, dont l'Histoire a retenu les noms." (extrait de l'avertissement de Serge Dalens)


© LaToileScoute 2001 - 2005
Mercredi 1 juin 2005
Pierre Joubert, âgé de 91 ans, dessinateur scout, a rejoint le camp de repos éternel le 14 janvier 2002.
"Jusqu'à son dernier souffle, Pierre Joubert est resté à sa table de dessin et il n'a été oublié ni par les scouts (au moins cinq générations !), ni par le monde de l'illustration, ni par les amateurs de dessin d'art, ni par ses pairs."

P. Joubert est né en 1910 à Paris. Il fait l'école des Arts Appliqués et un copain l'emmène aux scouts en 1924 (juste pour voir ou pour rigoler) à la Troupe 14ème Paris.Illustrateur de romans scouts

Illustrateur de romans scoutsUn peu plus tard, lors d'une sortie, le Chef de Troupe déclare "un trésor est caché dans la région". "C'est à partir de cet instant, en entendant cette phrase, le 12 novembre 1925, vers dix heures trente, en forêt de Meudon, que j'ai eu l'impression très nette que j'allais rester scout" dira P. Joubert plus tard.

Il commence à réaliser des dessins lors des camps et devient rapidement Chef de Patrouille. A Chamarande (camp école des Chefs avant Jambville), en 1927, il est repéré par Paul Coze alors Commissaire National Eclaireur. P. Joubert commence alors a dessiner pour la revue "Scouts de France". Sa première couverture de la revue date du 1er novembre 1927. Il est Assistant Chef de Troupe en 1928 (ACT).

En 1934, les Scouts de France décident d'avoir un permanent pour l'illustration des revues, la place est proposée à P. Joubert qui abandonne sans regret les boîtes de camembert. Il devient Commissaire Délégué à la branche Scouts (rien à voir avec les bleus actuels, les Scouts deviendront Eclaireurs après guerre puis en 1964 scindés en Rangers-Pionniers).

Par ses dessins, P. Joubert contribue à la refonte de l'uniforme (suppression du bâton, du chapeau, des culottes anglaises, des capes jusqu'aux pieds…). Il impose "un style scout".

Un jour, un commissaire de haut rang ayant demandé son éviction s'il ne se pliait pas aux observations qu'il lui faisait régulièrement, le Chef Scout, le Général Laffont (titre au dessus de Commissaire Général puis Chef de tout le scoutisme français, échelon aujourd'hui disparu) lui demande un peu brutalement de lui "foutre la paix" car un dessinateur professionnel de ce talent serait difficile à remplacer, tandis qu'un commissaire même de haut rang, on en trouve à la pelle… Il dessine dans toutes les revues, il dessine les calendriers des SDF mais aussi des EDF, des EUF et même des scouts belges et canadiens, il dessine dans les manuels techniques et pédagogiques dans le journal du Jamboree de 1945…

La croix potencéeC'est lui qui en 1940, redessine l'insigne actuel des Scouts de France (jusqu'en 1940, l'insigne des SdF était un trèfle sur une croix potencée qu'avait donnée le père Sévin) ainsi que l'Etendard (auparavant, c'était un rectangle vert avec une croix potencé recouvrant l'ensemble de la surface). Il est l'ami et le partenaire indispensable de Jean Louis Foncine rédacteur en chef des SdF. Et surtout, il participe activement à une littérature romanesque scoute "les signes de Piste". Grâce à ces romans de nombreux jeunes veulent devenir scouts ; ses dessins fascinent. Illustrateur des raiders

Partenaire aussi de Michel Menu, il donne un style au Raiders et aux Patrouilles Libres. M. Menu dit "P. Joubert fut le grand modéliste des Scouts de France et bien d'autres mouvements d'ailleurs. C'est lui qui par ses images a donné un corps vivant à leur idéal de franchise, de dévouement et de pureté".

Pendant les remises en causes pédagogiques des années 60, il démissionne de l'équipe Nationale ; ce n'est pas le seul en cette période troublée. Il rejoint les Scouts d'Europe pour lesquels il continue de dessiner jusqu'en 1979. dessinateur des camps

P.Joubert faisait partie de ces commissaires qui étaient aussi Chef de Troupe (à la 51ème Paris) et tout ce qu'il dessinait, il l'avait réalisé avant.

D'autres dessinateurs de talent ont œuvré pour le scoutisme. Avant P. Joubert, il y a eu le Père Sévin qui dessinait lui-même dans les manuels qu'il écrivait, et Paul Coze. Après P.Joubert, il y a eu Viconte (d'un style très différent) dans la revue des louveteaux, il fait maintenant des bandes dessinées (Balade du bout du monde, Samira…), ou B. Duffossé avec en particulier la fresque sur les tenues d'aujourd'hui et bien sûr les dessins sur les CD du 75ème anniversaire [Il a aussi fait les Mouflons :o) NDLR]. Il y a eu aussi de très bons dessinateurs en même temps que PJ. (en particulier pour la revue des louveteaux).

P. Joubert a été reconnu dans le milieu artistique comme "l'illustrateur de l'adolescence du siècle" (du 20ème, mais comme il n'y en a pas eu avant ni au 21ème siècle…). L'œuvre de P. Joubert est certainement celle qui a été la plus pillée, la plus plagiée. Encore aujourd'hui, les Scouts de France lui doivent le dessin de notre insigne et de l'Etendard.



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